L'Institut de Piano Alan Fraser

Art et transcendance au piano

Les pianistes éminents ne jouent pas suivant l'enseignement reçu

A la fin de 1980, Phil Cohen professeur d’Alan Fraser, fonda le projet Leonardo à l’université Concordia de Montréal, pour une recherche sur l’exception, en musique, théâtre et danse. Il découvrit un facteur commun unissant les plus grands artistes : ils ne jouaient pas en suivant ce qu’ils avaient appris. La technique d’un grand artiste transcende les approches pédagogiques fficielles et même peuvent s’y opposer radicalement. Le projet mit en lumière aussi que les qualités transcendant l’exécution de l’artiste, devaient être analysées, codifiées et enseignées. Les programmes pédagogiques standardisés sont une préparation nécessaire, mais pour Cohen, l’œuvre de sa vie, fut la recherche constante de « ce quelque chose de plus » nécessaire à atteindre cette transcendance.

Un artiste dont le jeu est transcendant se sert d’une façon différente de son corps

Après une dizaine d’années avec Cohen, Fraser partit en Yougoslavie dans une collaboration avec un des plus grands pianistes actuels, Kemal Gekić. Fraser put dans cette relation de travail d’exception, observer la transcendance de sa technique et comprendre le cheminement de sa pensée. L’artiste capable de transcendance a un usage différent de son corps : sa relation plus subtile et plus complexe avec l’image du soi pianistique alimente une expression plus profonde de son âme artistique.

Revenir au corps pour revenir au Soi pianistique

Ce retour au corps caractérise la Method Feldenkrais e rééducation neuro-motrice, que Fraser a également étudié de manière approfondie. Moshe Feldenkrais aimait les idées radicales – sa notion apparemment étrange que « le plus sûr chemin de l’âme passait par le squelette » est en fait pleine de sens : libérer le corps des tensions superflues permet au squelette d’accéder à une vision kinesthésique plus claire – le sens du soi s’améliore.

L’amélioration des alignements du squelette induit une réponse immédiate du cerveau, qui réduit la tonicité musculaire, facilitant un mouvement plus effectif, plus aisé, et en conséquence un meilleur usage du soi.

La synthèse de ces apports différents de pensée fait de l’approche de la technique de piano de Fraser quelque chose à la fois singulière et synthétique : Quand nous revenons à la structure innée du corps et à sa fonction, nous incorporons la meilleure part de toutes les écoles de technique de piano variées qui nous ont précédé – l’action du doigt, le poids du bras, pression, relaxation etc. L’objectif n’est pas d’invalider nos traditions mais de les intégrer et de les enrichir.

Des améliorations pianistiques pour chacun

Tout au long de sa vie de pianiste et de professeur, Alan Fraser a poussé tous ses étudiants vers une réflexion sur le chemin menant à cette transcendance, et ceci quelque soit le don de chacun. Acquérir ces qualités physiques qui créent cette transcendance, transforme le débutant, jusqu’au pianiste concertiste en devenir.

La qualité de la transcendance

Une étudiante graduée de l’institut décrit son expérience ainsi : « la transcendance implique une technique qui grandit/s’élève dans une absence d’effort, une liberté qui laisse le pianiste transmettre le sens de la musique sans faille entre son intention et la qualité sonore. La culture populaire appellerait cela « être dans le présent ». Dans ses leçons, Alan articule clairement, démontre et donne le temps à l’élève d’expérimenter comment l’alignement du squelette peut minimiser le travail musculaire. Pour cela, il crée un espace/temps de vie aux inscriptions kinesthésiques, à la compréhension de l’organisation du corps, qui travaille plus en douceur, sans à coup ou co-contractions qui viennent paralyser le mouvement.

Quelques heures d’observation attentive du travail avec Fraser peut mettre fin à des années de douleur et de frustration. Bien que cela puisse d’abord être lent, une fois que l’expérience a été vécue, elle n’est jamais oubliée et le progrès est exponentiel. A la fin, vous avez un sentiment de flotter, vous pouvez affinez subtilement votre son. »

Relever le défi

Une leçon avec Fraser vous met face à face avec des habitudes qui vous étaient inconnues et qui vous limitaient, et il vous montre les voies pour vous en libérer. Ceci peut être une confrontation avec nous même, parce que nous admettons cela à contrecœur, nous sommes dans le confort de nos points de repère, et il est difficile d’accepter ce qui nous est étrangement étranger.


« Je n’ai jamais vu un professeur donnant une nourriture pianistique aussi intense. Il offre toute la connaissance, nous porte, nous encourage, nous soutient entièrement dévoué aux besoins d’un(e) étudiant, pour qu’il/elle franchisse une nouvelle marche dans son art. »   – C. Biron, Graduée de Smith Institut.